Thomas Carlile en route pour les Jeux Olympiques

19 juillet 2021 ,,

© Morgan Froment

En 2016, il était en route pour Rio quand son cheval s’est blessé. Terrible déception et immense frustration, car c’est depuis la France qu’il a vu ses coéquipiers de l’équipe de France de CCE devenir champions olympiques. Cinq ans plus tard, l’heure de la revanche a sonné pour Thomas Carlile !

décrocher un ticket pour cet événement planétaire, ça représente quoi pour le passionné de sport que tu es ?

C’est toucher un rêve du bout des doigts ! Les Jeux Olympiques, c’est la célébration ultime du sport. Et puis on a l’impression que la planète s’arrête : on sort les drapeaux blanc et la politique n’existe plus, la religion n’existe plus, la couleur de peau n’existe plus…

qu’as tu ressenti à l’annonce de ta sélection ?

Après le Grand National de Vittel, j’ai compris que j’avais une chance d’être titulaire. J’ai commencé à transpirer et à moins bien dormir (rires). Au matin du 2 juillet, j’ai reçu un coup de téléphone de Thierry Touzaint (sélectionneur), Sophie Dubourg (DTN) et Michel Asseray (DTN Adjoint) pour m’annoncer officiellement que j’étais sélectionné pour représenter la France aux Jeux Olympiques. C’était comme une victoire !

à quelques semaines du départ, dans quel état d’esprit es-tu ?

Je reste un peu « lourd » avec mon équipe, conscient qu’entre l’annonce de la sélection et le départ, il faut rester très vigilant. Ce rêve peut nous échapper à tout moment pour une connerie !

Tu as déjà porté le maillot tricolore, mais le porter pour les Jeux olympiques, est-ce différent ?

Oui c’est différent, aux Jeux nous avons tout un pays derrière nous. On ne représente pas que l’équipe de France de CCE, nous faisons partie de la délégation française. Si l’on a la chance de ramener une médaille, on l’accroche au tableau des médailles de la France.

vous ne partez qu’à trois (et un réserviste), c’est la nouvelle règle ! les résultats des trois couples dans chacune des trois disciplines compteront. Comment appréhendes-tu cela ?

Sans joker, c’est zéro droit à l’erreur ! Le tirage au sort sera déterminant sur le cross. Partir en éclaireur sera un gros désavantage : pas le temps de faire des réglages. Dès qu’il y aura des fautes, la messe sera dite ou presque ! Mais ceci peut rajouter du piment à la compétition en l’ouvrant à des nations moins fortes habituellement.

tu vas vivre des jeux particuliers : sans public, avec une vie olympique limitée…

J’essaie de voir le positif, je me dis que ce sera un mal pour un bien. Cela va nous obliger à nous concentrer, nous allons moins nous disperser.

comment se passe la préparation ?

Très bien, nous apprenons à mieux nous connaître et à former une équipe car nous sommes avant tout des sportifs individuels. Et puis nous faisons le vide ; nous qui avons bien souvent le cerveau saturé par de pleins de petits soucis liés à la gestion de nos écuries. Là, ça nous permet de nous concentrer sur l’essentiel. 

contrairement aux autres compétitions, tu ne pars qu’avec un seul cheval. Cela change ta relation avec birmane ?

C’est vrai que le rythme n’est pas le même, pouvoir la monter tous les jours peut sembler être un avantage, mais ça peut nous desservir en voulant en faire trop. Il faut rester à son écoute, ne pas trop changer ses habitudes. Il faut mieux arriver un peu frais et un poil sous entraîné que sur entraîné et donc fatigué !

ton caleçon porte bonheur « superman » est-il du voyage ?

Non le caleçon superman n’est plus !!! (rires)

que doit-on te souhaiter avant le départ?

Juste de réussir à faire ce que je sais faire. J’espère réussir à me surpasser évidemment, mais si j’arrive à répéter mes dernières performances je serai épanoui et je reviendrai de ces Jeux satisfait. 


Par Marine Costabadie